9788416100125

Je n’ai pas le temps, ni besoin, d’étudier en détail le livre intéressant de madame Ofa Bezunartea, Memorias de la violencia : Profesores, periodistas y jueces que ETA mandó al exilio, mais j’en ai tout de même lu in extenso la captivante partie centrale dans laquelle, sur quelque 130 pages, sont retranscrits des entretiens avec une douzaine de personnes, que des tentatives d’attentat ou d’autres menaces très pressantes ont contraintes à vivre sous escorte policière et à s’exiler à Madrid ou dans des villes de la côte méditerranéenne, dans la dernière décennie du XXe siècle et la première du XXIe. Ce sont des professeurs et des journalistes, basques de naissance ou d’adoption, la plupart de gauche, que le parti séparatiste, d’inspiration marxiste, a désignés comme «ennemis du peuple basque» pour la simple raison qu’ils ont exprimé publiquement leur désapprobation des méthodes terroristes (intimidations, agressions, racket, assassinats). Ils racontent les multiples problèmes matériels et moraux provoqués par le bouleversement de leur vie, l’angoisse du danger, les difficultés de la réadaptation à une nouvelle existence. Le livre a paru en 2013 et les témoignages semblent dater de 2011, l’année même où l’ETA devait enfin annoncer la cessation de ses activités «militaires». Mais combien des sbires de cette mafia nationale-socialiste sont-ils toujours en liberté, ne seront jamais punis, et bénéficient encore de l’approbation d’une partie de la population?