J’ai fini par savoir que les arbres disparus de mon bois de Sansou, à Cunèges (voir ci-dessus au 2 juin), avaient été enlevés ce printemps par les ouvriers d’un certain «syndicat mixte intercommunal», qui se propose d’ «entretenir et restaurer les rivières du Bergeracois». Après avoir visité leur site, je crois comprendre l’intérêt écologique et patrimonial d’une telle entreprise, mais j’avoue n’avoir aucune idée de ses enjeux politiques et financiers réels. Qui a concrètement intérêt à quoi? Comme je suppose que les opérateurs ne sont pas bénévoles, ce ne doit pas être une petite affaire à mettre en oeuvre. La loi fait obligation aux propriétaires riverains d’entretenir les berges, de sorte que le cours d’eau reste propre et ne soit pas obstrué. Du temps que je fréquentais ce bois régulièrement, j’ai toujours veillé au bon état du ruisseau. Mais il est vrai que dernièrement, par exemple, un gros aulne était tombé en travers, et il était au-delà de mes moyens physiques de le dégager. De ce point de vue, je ne suis pas mécontent que quelqu’un d’autre s’en charge. D’un autre côté, les recommandations du syndicat me laissent perplexe. Il conseille de ne pas planter de peupliers sur les berges, car ces arbres sont instables, mais plutôt des saules et des aulnes. Or ce sont précisément des aulnes qui ont été enlevés, et je sais d’expérience que ces arbres tombent facilement, même jeunes. Alors que faire? J’ai contacté l’organisation par mail et obtenu deux réponses, dont une du technicien qui avait dirigé les opérations dans mon terrain. Il m’apprenait que l’équipe était intervenue là par erreur, car elle aurait dû s’arrêter 150 mètres en amont, et me proposait de le joindre au téléphone. J’ai essayé, mais en vain. Nous en resterons là pour le moment.

Il y a quelque temps j’ai fait le rêve, très inattendu chez un innocent dans mon genre, que j’avais trucidé un homme. J’étais à La Croix, dans mon jardin, et je pensais que je venais de tuer quelqu’un du voisinage, un Coréen me semblait-il (alors qu’en réalité je n’ai jamais vu aucun Asiate dans le village). Je n’aurais su dire pour quelle raison, ni comment je m’y étais pris, et je n’en éprouvais pas de remords, mais je m’inquiétais en songeant que le fait serait bientôt découvert.

Quelques jours après j’ai rêvé que je discutais avec deux jeunes hommes, qui me disaient connaître Lapinos, dont ils avaient été le voisin, et qu’ils avaient l’air de tenir en piètre estime. Il habitait, me disaient-ils, au 15 cours de l’Argonne (qui fut jadis ma première adresse bordelaise). Comme ils piquaient ma curiosité, je leur demandai s’ils connaissaient son identité réelle. Pour quelque raison, ils ne voulaient pas me la révéler, mais l’un d’eux me dit que son initiale était un D.

Le test Politest, que j’ai fait en ligne, m’a livré cette conclusion : «Vous vous situez plutôt à droite.» J’aurais dû m’en douter.

Films vus récemment :
- Le petit monde de Don Camillo, de Julien Duvivier (1952). J’aime surtout les moments où Fernandel dialogue avec la statue de Jésus. Pas regardé jusqu’au bout. Mettons C.
- Nouveau départ, de Cameron Crowe (2011). Matt Damon achète un zoo pour se consoler de son veuvage, et tombe sur Scarlett Johansson. D.
- Le grand sommeil, de Howard Hawks (1946). Je ne peux en juger. Peut-être sous l’influence du titre, je dormais au bout de vingt minutes.
- Les trois frères, de Didier Bourdon et Bernard Campan (1995). Mouais. D.
- De battre mon coeur s’est arrêté, de Jacques Audiard (2005). Où l’âme du jeune Romain Duris, qui aspire à devenir pianiste, est en butte aux rudesses de son milieu de bourges délinquants. Ce n’est pas mal. Les scènes de violence et de cul sont esquissées avec pudeur, dans l’ensemble. La narration est allégée par de fréquentes ellipses. On se demande sans cesse où cela mène, c’est assez distrayant. C.