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J’ai recherché en vain l’aphorisme espagnol. J’aurais beaucoup aimé en vérifier les termes. Disait-il bien «intéressant», ou «important»? Disait-il «très»? Etc. Ce doit être la première fois que je traduis non une phrase, mais un souvenir de phrase, exercice incertain. Quant à l’expédition guyanaise, elle progresse lentement et envoie des nouvelles. Le blog En direct du Raid des Sept Bornes permet de la suivre, sinon «en direct», en léger différé. La mission menée par François-Michel Le Tourneau se propose de parcourir à pied la frontière méridionale de la Guyane française en partant de l’extrémité sud-ouest du département, c’est à dire du point de «trijonction» entre Guyane, Surinam et Brésil, pour aller si possible jusqu’à la septième des bornes disposées sur ladite frontière par l’Institut géographique national dans les années 50-60. Cette aventure scientifique et sportive m’évoque des souvenirs de mon adolescence, de l’époque où la Guyane, c’est à dire en quelque sorte l’Amazonie française, était au coeur de mes rêveries. Je n’y suis finalement jamais allé, et cela vaut sans doute mieux, car je n’y eusse pas fait de vieux os, avec ma santé de fer-blanc. Mais j’étudiais sérieusement la question, je lisais des livres, j’avais parmi mes héros des personnages plus sportifs que scientifiques, les Raymond Maufrais, Richard Chapelle, André Cognat… Je m’instruisais de la géographie, des fleuves-frontières, le Maroni et l’Oyapock, des «dégrads» et des «carbets», des fameux monts Tumuc-Humac, censés marquer la séparation entre Guyane et Brésil. Je lis maintenant dans Wikipédia que ces montagnes seraient «imaginaires», mais il y a au moins quelque relief, puisque la frontière naturelle est constituée par la ligne de partage des eaux, lesquelles s’écoulent de part et d’autre soit vers la Guyane, soit vers l’Amazone. En attendant je ne sais toujours pas si Le Tourneau a emporté un livre avec lui, et lequel.