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Je lisais l’autre jour sur le net une note, écrite par un certain François-Michel Le Tourneau, savant sportif, qui s’apprêtait à arpenter les montagnes de la Guyane, où il est maintenant arrivé. Il s’interrogeait sur le choix de ses bagages, son sac à dos pesant déjà 22 kilos, sans compter qu’il faudrait y ajouter 3 litres d’eau et 7 à 10 kg d’aliments, plus l’équipement hors sac (machette, etc) et il voulait aussi emporter de la lecture, pour se distraire au bivouac. Le détail frappant est qu’il envisageait d’opter pour un volume de la Pléiade. « J’ai du mal à voyager sans Pléiade, même si c’est infiniment plus lourd qu’une petite liseuse électronique… » En effet, ça fait chic, mais je souffrais pour lui d’avance. Sur le moment j’ai hésité à lui envoyer mon avis. Mais après tout, me suis-je dit, peut-être aime-t-il souffrir, et faudrait-il, au lieu de le dissuader, lui suggérer plutôt de se charger, tant qu'à faire, d’un Robert ou d’un Gaffiot? Je renonçai à lui écrire. Par coïncidence, vers le même jour, je suis tombé sur un aphorisme espagnol portant sur ce genre de question. Malheureusement je l’ai découvert en feuilletant des blogs au hasard, il m’a accroché mais pas assez pour que j’en prenne note aussitôt, et il me fascine à retardement, maintenant que je ne sais plus où le retrouver. Il disait en substance quelque chose comme « En voyage, il faut emporter avec soi deux livres : un livre très intéressant, et puis un autre, au cas où on n’aurait pas envie de lire le livre intéressant ». J’aimerais retrouver le texte original, mais je ne sais si j’y parviendrai, ni si je retenterai.