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J’ai aimé bien des écrivains chrétiens, j’ai aimé bien des auteurs d’aphorismes, j’ai prisé au plus haut point un aphoriste chrétien comme Gómez Dávila, mais je dois avouer que les pensées de Josemaría Escrivá de Balaguer me laissent froid. J’ai pourtant de l’estime, bien que n’étant moi-même plus très catholique, pour le personnage de ce prêtre énergique, né en 1902, mort en 1975, canonisé en 2002. Il fonda en 1928, soit à l’âge de 26 ans, une société, l’Opus Dei (Oeuvre de Dieu) vouée à la recherche de la sainteté dans la vie ordinaire, qui joua un rôle important dans la création du CSIC (Consejo Superior de Investigaciones Científicas, le CNRS espagnol) sous le règne du général Franco, et qui fait horreur aux gens de gauche, ce qui suffirait, sans autre mérite, pour lui attirer ma sympathie. Escrivá est l’auteur de quelques recueils de règles de vie, dont le plus connu et le plus ancien est le célèbre Camino (1939, en français Chemin), composé d’exactement 999 maximes. Ce livre m’attirait mais je n’arrive pas à le lire, je m’y ennuie et j’y étouffe. Je le trouve moralement trop impérieux et exigu. «Acostúmbrate a decir que no» («Habitue-toi à dire non») dit la belle phrase numéro 5, mais l’auteur me demande trop de lui dire oui.