08-01-12---Bordes-2

J'ai un peu honte d'avoir relayé l'autre jour sur Facebook l'appel de la Ligue pour la Protection des Oiseaux à participer ce week-end au comptage des oiseaux de jardin, alors que j'ai moi-même eu la flemme d'y procéder. Je dois dire pour m'en excuser que les conditions climatiques sont très austères en ce moment. Il fait bon devant mon feu mais sur le thermomètre, qui est fixé à deux mètres de la cheminée, la température n'est remontée que jusqu'à 11, et je ne me vois pas passer une heure à grelotter devant ma fenêtre pour compter des oiseaux qui, de leur côté, semblent avoir justement déserté le jardin. Peut-être est-ce parce que le bassin est encore gelé et qu'ils ne peuvent plus venir y boire? J'en ai vu quelques uns ailleurs. Il y a des vanneaux dans les champs, comme souvent quand il fait grand froid. Dans mon bois "principal", où je suis allé travailler quelques heures, j'ai eu la chance d'apercevoir un roitelet triple-bandeau. L'inconvénient des roitelets c'est qu'ils bougent sans arrêt, mais j'ai bien pu distinguer celui-ci, avec la calotte orange et le sourcil blanc. Et en rentrant, il y avait un héron immobile non loin de la route.

J'avais des branches à couper à la lisière sud de cette parcelle et c'était le moment parfait pour cela, car hier tantôt et aujourd'hui encore il a fait grand soleil. Rien ne se compare à la sensation de pureté qui émane de ces périodes de temps glacial mais ensoleillé. L'air était trop froid et me faisait mal aux sinus dès que je m'enfonçais parmi les arbres, mais le climat était idéal en bordure, où j'ai passé des heures paisibles à m'occuper. En plus, j'ai trouvé une vieille souche de chêne avec une forme d'encoche très pratique pour scier des bouts de bois en les calant sous la botte, sans avoir à porter mon chevalet.

La solitude m'incline à quelques traits de sauvagerie et notamment, lorsque je suis à table, je me passe de verre et je bois au goulot. Pour les premiers repas je me servais du genre de mousseux à deux balles qui suffit à ma joie, mais ce midi j'ai ouvert un Sainte-Croix du Mont qui se trouvait là, ça fait plus chic.

Une de ces nuits, j'ai encore eu le rêve inquiétant, comme l'été dernier, que j'étais aveugle. Je me trouvais sur une sorte de grande place grise et déserte et je me mettais à courir, mais aussitôt je devais m'arrêter car je n'y voyais plus rien. J'espère que ces chimères sont le simple fruit du désordre de l'âme au repos, et n'ont rien de prémonitoire. J'ai aussi vu en rêve, l'espace d'un instant, une très belle femme qui marchait vers moi, entièrement nue mais probablement chaussée, car elle avait ce maintien particulier que donnent les talons hauts. Et il se trouve que je la connaissais. Ça tombait bien.

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Il est trop tard pour compter, mais en ouvrant ce lien vers l'enquête, on peut encore voir en bas de la page deux jolies planches avec des oiseaux de jardin.
Je pique la photo du roitelet ci-dessus à un certain Jérôme Sottier.