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Avec mon aide de camp, ce jour-là, nous fûmes en voiture de Taussat à Mérignac, en avion de Mérignac à Charleroi, en autocar de Charleroi à Bruxelles, et à pied, depuis la gare du Midi, via l'avenue de Stalingrad et la rue du Midi (Zuid straat), à la rue de la Gouttière, où nous disposions d'un appartement jusqu'au 2 janvier. La plus belle part du voyage, à mes yeux, fut le début du trajet en bus, avant que la nuit tombe, car les lambeaux de la campagne belge, d'ordinaire si ingrats, reluisaient alors sous une élégante couche de neige, où se détachait la fine silhouette des arbres sans feuilles.
A  Bruxelles il n'y avait guère de neige que quelques traces, restant sur quelques tuiles, pavés et pelouses. Non loin de chez nous la Grand-Place était éclairée de lumières aux couleurs changeantes, d'un assez bel effet, et décorée en outre d'une grande crèche et d'un gigantesque sapin offert par la ville de Riga.
Notre rue coupait celle des Moineaux, en flamand Mussen straat, dont le nom m'a rappelé le cas des «moissons» cités par Léry dans son voyage de jadis au Brésil, mot sur lequel sa traductrice américaine avait buté. Je lui avais indiqué le sens de moineau, dans le parler ancien et régional, notamment normand, avec sans doute la même origine que les mussen bruxellois.