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Il est de ces menus mystères que l'on traîne parfois de longues années par-devers soi sans les résoudre, parce qu'ils ne sont pas assez importants pour qu'on s'en donne la peine, ou que les circonstances ne s'y prêtent pas, etc. Ainsi, pour moi, la question de savoir comment les Hollandais prononcent la diphtongue «ui», que l'on trouve par exemple dans «huis» (la maison). Venant à y repenser l'autre jour, j'ai tiré profit des commodités nouvelles de la recherche d'informations en ligne, et j'en ai aussitôt eu le coeur net. Cela se prononce comme le français «oeil», à ce que j'ai compris. Heureuse époque. Encouragé par ce succès, j'ai résolu dans la foulée une autre énigme linguistique, touchant précisément le même mot néerlandais «huis», dont je me demande depuis longtemps, sans avoir le courage d'aller vérifier, s'il  est bien, comme il semble, un parent du français «huis», désignant la partie mobile d'une porte, par opposition au chambranle fixe. De la maison à la porte, le sens diffère, mais peut être rapproché, par métonymie. Or les termes n'ont rien à voir, paraît-il. Le «huis» hollandais a la même racine germanique que l'allemand «Haus», l'anglais «house», et d'ailleurs le français «hutte», tandis que notre «huis» a une origine latine toute différente. Les deux sosies ne se ressemblent que par coïncidence.

Pour plaire à une connaissance, qui collectionne les cartes postales figurant des recettes de cuisine, dont elle possède déjà un bel assortiment, j'en ai commandé par correspondance quelques unes, aussi exotiques que possible. Certaines, provenant de Maatinique, portaient des intitulés mystérieux, comme le Blaff de poissons, ou le Matoutou de crabes. Je ne sais si j'aurai l'occasion de goûter ces plats, mais j'aurai au moins savouré leurs noms.