J'ai rêvé de Renaud Camus, qui était fort aimable avec moi. Puis je me suis réveillé.

J'ai lu dernièrement Bisayan, un document dans lequel mon ami Jean-Michel Hermans, intellectuel atypique, ethnologue catholique et maoïste charentais, raconte son dernier séjour aux Philippines, de novembre 2013 à août 2014, dans la maison qu'il a fait construire sur l'île de Leyte, où il possède un terrain et une plage. C'est un fichier Word de la taille d'un livre, près de cent pages, comportant aussi des photos et des renseignements touristiques (le fichier est trop lourd pour être déchargé ici, mais je peux le transmettre par mail à qui voudra). Le texte, écrit dans un style clair et simple, relate l'expérience assez intéressante d'un homme aux moyens financiers plutôt modestes dans son propre pays, mais relativement riche dans cette terre lointaine, et confronté à une culture très exotique, où l'on n'hésite pas à bonifier le vin en y mêlant un peu de pepsi. Le moment aussi est particulier, car le voyage commence peu après le passage du typhon Yolanda, qui a ravagé la contrée et abîmé l'habitation. Il y a une complication qui ne me semble pas très utile, du fait que le corps principal du journal est précédé d'un autre petit journal, centré sur le cyclone, et suivi d'un autre encore, celui-ci axé sur la reconstruction de la maison. Mais enfin il y a dans ces pages de quoi s'instruire sur les problèmes et les mystères de ce coin d'Asie. A l'occasion de cette lecture, j'ai voulu voir si mon grand Britannica Atlas, dont je ne me sers pas souvent, pouvait m'aider à reconnaître les lieux, et j'ai eu le plaisir de découvrir que les Philippines s'y étalaient sur une vaste double page. Entre autres toponymes cités par Hermans, j'y ai retrouvé l'archipel d'îlots au nom joliment bilingue de Cuatro Islands.

Des lecteurs de ma note du 2 août m'ont proposé diverses possibilités pour un adjectif relatif au nom d'Albert Caraco : «caracasque» (d'après monégasque), «caracain» (d'après mexicain, portoricain, franciscain) et «caracien». Je pense maintenant qu'il y aurait aussi «caraquien», tout simplement.

En feuilletant les demandes de livres, dans les annonces du Bon Coin, je me dis que la curiosité intellectuelle de ce lectorat n'est pas très élevée. La syntaxe et l'orthographe sont assorties : «Livre sur les bienfait médicale», «Livre terminal S», «Amour, orgueil et préjuger», «Livre homéopathique», «BD en bonne état», «Livre sur les peintre vangoge etc»... Mais après tout, les illettrés aussi ont le droit d'acheter des livres.