Bon, j'ai encore passé l'essentiel de la journée à désépaissir mes buissons et mes haies, et ma vie intellectuelle est toujours proche de zéro. A midi j'ai eu le courage de faire griller un steak d'environ 120 grammes dans la cheminée et je n'en ai mangé que la moitié, avec des restes de melon et de patates bouillies. Ce n'est pas demain que je vais ouvrir un restaurant. L'affaire importante de la journée est que dans l'après-midi j'avais mon rendez-vous semestriel avec mon médecin. A mon étonnement général, il semble que je sois toujours vivant et même en bon état, dans les grandes lignes. L'ombre au tableau est un horrible furoncle qui m'a éclos dans le dos et pour lequel je vais devoir prendre un antibiotique, la Josacine, pendant huit jours. C'est ainsi, il me faut accepter que je ne suis pas un pur esprit mais un être biologique, je n'arriverai jamais tout à fait à m'en consoler. Le soir avec le sergent Véro nous fûmes nous acheter des pizzas au relais des camionneurs à Tout-y-Faut et nous sommes revenus les manger chez moi. J'avais prévu des éclairs au chocolat pour le dessert. Véro, qui est abstinente, ne buvait que de l'eau, et moi du vin rouge sud-africain de chez Lidl. Un vin tranquille, à ce qu'il paraît. J'ai lu dans Wikipédia que l'on regroupe les vins perlants, pétillants et mousseux sous l'appellation générale de «vins effervescents», et que les vins non effervescents seraient nommés «vins tranquilles». L'expression me ravit. Je me prends à songer que les vins effervescents ne sont pas tranquilles, ce sont des vins agités, inquiets, tourmentés…