«Ce qui m'avait fait prendre mes distances vis-à-vis du Parti communiste, c'était la différence entre ce que je comprenais et ce que je voyais chez les communistes. Pour moi, il devait y avoir une cohérence, une continuité entre la pensée de Marx et ce que l'on vivait, et je ne les avais pas trouvées dans le Parti communiste. De même, c'est l'expérience de ce qui se passait en URSS qui m'écartait complètement du communisme.
Par la suite, mon refus du Parti et ma rupture totale se sont confirmés quand j'ai vu ce que le Parti communiste faisait pendant la guerre d'Espagne. On peut dire que le Parti communiste a été le meilleur appui de Franco. S'il a gagné la guerre, c'est parce que les communistes ont détruit la résistance des anarchistes et qu'ils ont fait passer leur haine de l'anarchisme avant la haine de Franco.
Plus tard, on a beaucoup dit en France que le Parti communiste était le principal parti de la Résistance. Moi, j'ai vu le Parti communiste détruire des foyers de résistance parce qu'ils n'étaient pas communistes. En mars 1944, j'ai vu, dans notre région, un maquis communiste détruire et tuer tous les membres d'un maquis gaulliste, simplement parce qu'il était gaulliste.»

(Jacques Ellul par lui-même, Entretiens avec Willem H. Vanderburg)