img016Un homme de mon âge, et qui gagne assez mal sa vie, mais qui n'a pas vraiment travaillé avant trente-six ans, lit sans surprise, chez l'un des auteurs cités l'an dernier, qu'«une jeunesse oiseuse produit une vieillesse nécessiteuse». C'est bien le cas. Mes gages de commis dans l'administration (où je ne sers, il est vrai, que quatre jours par semaine) n'atteignent pas même le seuil de pauvreté, de sorte que je dois encore trafiquer pendant mes heures de loisir, pour trouver un peu d'aisance. Ainsi donc, moi qui suis partisan des fourmis, je n'ai guère fait mieux qu'une pauvre cigale. Et quand je lis encore, chez un autre cité, que «chacun trouve dans la vie la place qui lui revient», cela finit de m'accabler.