corbeauL'extrême bienveillance de mes voisins britanniques envers leurs chats comme envers ceux du voisinage, a trouvé ses limites avec le cas d'un mâle de petite taille, au beau pelage roux et touffu, mais qui se rend coupable d'intrusions répétées, avec aspersions de pisse, y compris dans leur maison. Lassés de ces dégâts, et l'animal n'ayant pas de maître à qui s'en plaindre, les Brits ont décidé d'opter pour la manière forte : la déportation. Une première tentative a été d'abandonner le chat dans un village voisin, situé à deux kilomètres au nord du nôtre. Le jour même, il était de retour dans leur jardin. Ne perdant pas espoir, ils sont ensuite allés le perdre dans un autre village, cette fois-ci à six kilomètres au sud. Mais le surlendemain, le pisseur était là. Ces performances n'ont rien d'extraordinaire, paraît-il, mais je les trouve remarquables. A l'occasion de ces confidences, j'ai appris la belle expression pour «à vol d'oiseau», qui se dit en anglais as the crow flies, «comme le corbeau vole». Et sans doute va-t-il plus vite que le chat, mais à peine.