samedi 23 février 2013

Lettre documentaire 492

LA VERITE SUR LE 11 SEPTEMBRE 

(fantaisie documentaire)

Charles BAUDELAIRE : (vendredi 11 septembre 1863). «Chère mère, ne pas plus nous voir que si nous étions séparés par une grande distance, c’est bien dur! Je te jure que ce n’est pas ma faute. Hier soir, ce soir même, vendredi, je voulais passer ma soirée auprès de toi...» (Lettre à madame Aupick).

Charles BUKOWSKI : «11.9.91. 1 h 20. Il faut que je me coupe les ongles des pieds. Voilà deux semaines déjà que je me sens à l’étroit dans mes chaussures. Et quoique je n’en ignore pas la raison, je ne trouve pas un moment pour y remédier.» (Le capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du bateau).

Michel CIRY : «11 septembre 1972. Je n’aurais jamais cru qu’un prie-Dieu pût me donner pareil tracas. Frappante rencontre, en la constitution de cet humble objet, de la paille de la crèche et du bois de la Croix. Comme une synthèse de la vie de Jésus, par un emploi de ce qui toucha sa chair de Sauveur venant au monde, et de ce sur quoi fut cruellement fixée cette même chair martyrisée trente-trois années plus tard pour la sauvegarde de ce même monde.» (Amour et colère).

Paul CLAUDEL : «Lundi 11 septembre (1950). Genève. Déjeuner chez les Cartier avec le Comte et la Comtesse de Paris, tous deux charmants et très aimables avec moi.» (Journal).

Charles DARWIN : «11 septembre (1833). Nous nous rendons à la troisième poste en compagnie du lieutenant qui la commande. On dit qu’il y a 15 lieues entre les deux postes, mais on ne fait que supposer et ordinairement on exagère un peu. La route offre peu d’intérêt, on traverse continuellement une plaine sèche couverte de gazon. A notre gauche, à une distance variable, une rangée de petites collines que nous traversons au moment d’arriver à la posta. Nous rencontrons aussi un immense troupeau de bœufs et de chevaux gardé par quinze soldats, qui nous disent en avoir déjà perdu beaucoup…» (Voyage d’un naturaliste autour du monde).

Gustave FLAUBERT : (jeudi 11 septembre 1879). «Mon vieux chéri, répondez-moi tout de suite à la question suivante : voulez-vous, lundi prochain, venir me prendre chez moi vers onze heures? Nous déjeunerons ensemble puis je vous lirai mon chapitre...» (Lettre à Ivan Tourgueneff).

Matthieu GALEY : «11 septembre (1984). Les Ronds-de-cuir. Du Daumier plutôt lourd. Ne peut être joué que par des cabots n’hésitant pas sur les moyens (Lalande, excellent). Une scène, de bureau, où l’on entend crisser les plumes dans le silence, me fait penser au nôtre, crépitant de machines à écrire. Demain, l’électricité, puis l’électronique auront à nouveau reconquis le silence de jadis. Ce vacarme bureaucratique – inconcevable pour nos aïeux comme pour nos petits-enfants – n’aura sévi que la parenthèse d’une génération. Pauvres dactylos des années cinquante.» (Journal).

Julien GREEN : «11 septembre (1990). – « C’est ma vie entière que je veux mettre en ces pages, avec une franchise et une exactitude absolues.» Ainsi commence mon Journal de 1928. Je voulais ce matin confier à Eric un épisode très important de ma jeunesse, mais il n’a pas compris ce qu’il appelle ce « désir de tout expliquer ! ». Je n’y peux rien, cet amour de la vérité pour la vérité est en moi depuis toujours…» (L’avenir n’est à personne).

Ernst JÜNGER : «Paris, 11 septembre 1943. Au courrier, une lettre de Carl Schmitt, l’un des rares esprits capables de considérer impartialement la situation ; il m’y parle de La Russie et la germanité, de Bruno Bauer…» (Second journal parisien).

Paul LEAUTAUD : (Dimanche 11 septembre  1904) «Il y avait ce soir, dans le tramway, en revenant de chez M. Lebey, toute une famille : une grand-mère, une mère et deux jeunes filles.» (Journal littéraire).

Raïssa MARITAIN : «Vendredi 11 septembre (1925). – Messe votive du Sacré-Cœur. C’est aussi en la fête du Sacré-Cœur que Cocteau a communié. A 7 heures, Reverdy.» (Journal de Raïssa).

Michel de MONTAIGNE : «Le lundi 11 septembre (1581) je rendis beaucoup de sable, presque tout en forme de grains de millet ronds, fermes, rouges à la surface et gris dedans.» (Journal de voyage en Italie).

Abbé MUGNIER : «11 septembre (1923) – Calaoutça. Alfred Fabre-Luce a déjeuné, hier, avec nous. Il avait été à Pontigny dans ces sortes de retraites intellectuelles organisées par Paul Desjardins. André Gide y était. Il y va chaque année. Desjardins a la tête de Socrate mais il pontifie trop. Gide disait que quand il écrivait quelque chose, il lui semblait que Nietzsche le lui avait volé. Pontigny est dans l’Yonne. On voudrait y avoir, l’an prochain, Valéry et Brémond. On constatait, à Pontigny, que France n’a plus d’influence.» (Journal).

Marc-Edouard NABE : «Dimanche 11 septembre 1988. – Je réfléchis.» (Kamikaze).

Fridtjof NANSEN : «11 septembre (1893). Dans la matinée, une terre, hérissée de hauts sommets et découpée de profondes vallées, est en vue. Depuis Vardö, nous n’avons pas contemplé un paysage aussi accidenté ; habitués aux plaines basses de Sibérie, nos yeux s’arrêtent avec plaisir sur ce panorama pittoresque. Mettant le cap vers l’est, nous voyons disparaître la côte dans l’après-midi. Plus tard, en vain, nous cherchons à apercevoir les îles Saint-Pierre et Saint-Paul ; les cartes leur assignent pourtant une position très voisine de notre route.» (Vers le Pôle).

Jules RENARD : «11 septembre (1894). Vu entre Houilles, Carrières-Saint-Denis et Sartrouville, dans ces jardins de maraîchers où l’on recueille la pluie dans des tonneaux et dont les propriétaires habitent des maisons de cuir bouilli, sept ou huit chasseurs sans chien, les uns sur les autres, et qui avaient toutes les peines du monde à s’éviter, à ne se point gêner dans leurs petites battues hygiéniques.» (Journal).

Madame de SEVIGNE : (Orléans, mercredi 11 septembre 1675) «Nous voici arrivés sans aucune aventure. Je me suis reposée cette nuit, comme je vous l’avais dit, dans le lit de Thoury. Nous avons trouvé ce matin deux grands vilains pendus à des arbres sur le grand chemin ...» (Lettre à M. de Coulanges).

Pascal SEVRAN : «Namur, 11 septembre (1999). Je vais chanter pendant quinze jours au milieu des champs de betteraves, dans un blockhaus en parpaings gris qui aurait résisté par miracle à un tremblement de terre, à un bombardement.» (La vie sans lui).

STENDHAL : (Civita-Vecchia, le 11 septembre 1835) «Monsieur le Duc, La notification du 21 août dernier qui, à partir de ce jour, porte le droit d’entrée sur les tissus de laine de 3 à 6 pauls, va porter le plus grand préjudice aux négociants français établis à Rome.» (Lettre au duc de Broglie).

VOLTAIRE : (11 septembre 1769) «J’ai tant de choses à vous dire, ma chère amie, que je ne vous dirai presque rien. J’ai été fort malade, je le suis presque toujours. Cet état est à mon sens le plus triste de tous. On n’ose alors faire aucun projet. Le corps, et ce qu’on appelle l’âme sont également accablés. L’amitié même, loin d’être une consolation, augmente nos peines, parce que nous sentons alors que nous allons quitter tout ce que nous aimons.» (Lettre à Marie-Louise Denis).

Posté par Ph B à 06:08 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Lettre documentaire 492

    Je vous transmets volontiers celle-ci, fruit de ma lecture du jour :
    Chateaubriand : "Le 11 septembre [1833], visite à l'abbé Betio et à M. Gamba, conservateurs de la bibliothèque : ils m'ont reçu avec une extrême politesse, bien que je n'eusse aucune lettre de recommandation." (Mémoires d'outre-tombe)

    Posté par alexandre, samedi 2 mars 2013 à 16:19 | | Répondre
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