marie_antoinette_couvJ'ai beaucoup aimé la Marie-Antoinette de Stefan Zweig, le livre plus que le personnage, pour lequel je n'arrive pas à avoir beaucoup de sympathie malgré les efforts intelligents de l'auteur, son compatriote. Il me convainc toutefois qu'elle a eu plus d'allure morale dans sa fin tragique, que dans son existence frivole. Cette biographie est un plaisir à lire, et n'est pas seulement une oeuvre d'écrivain, elle présente en outre un apport historique, s'il est vrai que Zweig s'est servi le premier de certaines archives. L'histoire de cette reine venue d'Autriche est aussi en partie, forcément, l'histoire de son mari le pauvre Louis XVI (qui n'aura réussi à pénétrer sa femme qu'après sept ans de mariage, et dont le discrédit public aura commencé avec ce genre de difficultés, à quoi tiennent les réputations...) et l'histoire de la révolution républicaine, analysée avec compréhension mais sans complaisance, et même avec une certaine sévérité. Un détail m'amuse, l'unique phrase que Marie-Antoinette aura consenti à adresser à la du Barry, qu'elle ne pouvait encadrer : «Il y a bien du monde aujourd'hui à Versailles». Zweig mesure la petitesse du propos en comptant les mots, au nombre de neuf. Mais si l'on compte les syllabes, on a là un alexandrin...