hannetonUne virée improvisée samedi m'a permis de compléter ma connaissance des églises du Bassin en en visitant deux, dont j'avais jusqu'alors trouvé la porte close, celles du Teich et d'Audenge. Certaines églises intéressent par leur vitrage composite réalisé au fil du temps par différents verriers, ces deux-là au contraire présentent chacune un bel ensemble homogène d'une quinzaine de vitraux dus à un seul atelier. Ceux du Teich proviennent de chez Mauméjean F(rère)s, dont la signature apparaît sur deux d'entre eux. Ils sont sans millésime, mais peuvent être datés d'après la première guerre mondiale, comme en témoigne celui qui se trouve le premier à droite en entrant, intitulé «Les deux sacrifices» et sur lequel figure la rareté d'un personnage ni antique, ni médiéval, en l'occurrence un poilu gisant. Les vitraux d'Audenge sont clairement datés de 1878, et sur au moins d'eux d'entre eux est tracé le monogramme HF, à quoi l'on reconnaît Henri Feur. Il y a derrière le choeur une série de six lancettes légendées, dont la première et la dernière ont malheureusement le bas assombri par quelque chose qui fait écran, si bien que l'inscription est illisible. Une sorte de fatalisme me gagnant avec l'âge, je ne tentai aucunement de voir si l'on pouvait remédier à cet inconvénient, ne sollicitant pas même l'aide de la personne bienveillante qui, voyant que je contemplais les vitraux, vint maladroitement me demander si je souhaitais qu'elle allume les lampes, à quoi je me contentai de refuser poliment, sans essayer d'expliquer que quand on veut contempler des vitraux, les lampes ne nous aident pas mais nous font chier. Malgré quoi cet après-midi fut un moment de pêche iconographique miraculeuse. Un destin secourable me prodiguant ses faveurs, je devais ce soir-là dîner d'un beau mulet, excellemment préparé, accompagné et arrosé. Ce poisson délicieux me rappelait un souvenir du catéchisme, la curieuse démonstration que nous avait présentée l'abbé Jardel, pour expliquer qu'il ne croyait pas beaucoup à l'ascèse de manger du poisson : «Je préfère, nous avait-il confié, manger du poisson, surtout si c'est une bonne daurade, plutôt qu'une côtelette, surtout si c'est une côtelette de hanneton!»