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Je me demande combien de siècles ou de millénaires il faudra pour que s'efface de la mémoire des hommes le souvenir de l'abominable crime, commis en 2007 par un obscur chef d'état français du nom de Nicolas Sarkozy. Ce crime le voilà : il est allé au Fouquet's. La grande affaire! Comme si, depuis mille cinq cents ans que le pays existe, et depuis deux cents ans qu'il s'est constitué en république, celui-ci était le premier dirigeant politique à avoir les moyens de prendre un pot ou de se restaurer dans un établissement friqué. Il faut être bien ignorant, ou hypocrite, pour affirmer une telle ânerie. Malgré quoi, depuis cinq ans, le marteau-pilon gaucho-médiatique n'a eu de cesse de brailler qu'il y avait là gros scandale. La chose m'amuse d'autant plus que, contrairement à mes habitudes, j'ai été l'an dernier quelques jours à Paris au cours desquels, me trouvant à passer devant la fameuse brasserie, j'ai eu la curiosité de m'arrêter lire la carte (que l'on peut du reste consulter en ligne). Ce que j'y ai vu, c'est que les plats et les boissons n'y sont pas donnés, certes, mais je peux assurer que n'importe quel crétin qui n'aurait d'autre but dans la vie a les moyens de s'y faire servir, à condition que ce ne soit pas trop souvent. (Par parenthèse je m'étonne que personne, dans la vaste et active corporation des journalistes, n'ait eu l'idée d'enquêter sur l'orientation idéologique des clients de l'établissement, parmi lesquels je ne gagerais pas que les bourges de gauche sont beaucoup moins nombreux que les bourges de droite). Je n'ai pas voté pour Sarkozy, et je ne vois guère de raison de le faire. Mais un des rares points sur lesquels il gagne ma sympathie, c'est d'avoir dû supporter cinq années de suite une attaque aussi conne.