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Ma grande carpe orange est morte. Je l'ai trouvée dans l'herbe à deux trois mètres du bassin, hier vers 7 heures du matin. J'étais d'abord passé à côté sans la voir, je ne l'ai remarquée qu'en revenant de la voiture où j'étais allé chercher une carte, parce que nous avions l'intention de passer la journée dans des coins qui restent de la vieille France. Peu après on s'est aperçu qu'elle respirait encore (la carpe, pas la vieille France), sa branchie se soulevait de temps en temps. Je l'ai remise à l'eau, toute collée de brins d'herbe, elle a flotté sur le côté pendant une heure, puis il a été clair qu'elle était raide. Avant de l'emmener au compost je l'ai mesurée, elle faisait pile 30 centimètres.
Elle était la patronne du bassin, elle faisait facile figure de géante à côté des petits carassins plus ou moins dorés. Je ne sais plus depuis quand elle était là. Je l'avais déjà sauvée une fois l'été dernier, elle se tordait sur le gazon sous les yeux fascinés de la chatte Foxie. Les chats s'intéressent vaguement aux poissons mais sont incapables de les tirer du bassin, en tous cas ceux d'ici. On m'a dit que les poissons risquaient plus de sauter au dehors quand le bassin est plein à ras mais ce n'est pas le cas en ce moment, il n'a pas plu depuis longtemps et la surface de l'eau est à plusieurs centimètres sous le bord.
Cette perte intervient par coïncidence le lendemain du jour où j'ai mis en ligne une photo de la poiscaille prise au début juillet, et par une autre coïncidence alors que je venais d'acheter ce lundi une seconde carpe, qui se retrouve la seule. Dans une jardinerie du coin, je convoitais de jolies carpes noires au ventre blanc, et au dernier moment j'ai en ai choisi une d'un brun cuivré, qui doit faire entre 12 et 15 cm.
La promenade nous a changé les idées, je pensais depuis longtemps à cette virée: traverser tout droit les Deux-Sèvres, du sud au nord, pour aboutir à Saumur, sur la Loire. Toute la journée nous avons lorgné de la vieille pierre, de la boiserie, des fenêtres. C'est pas un pays de rappeurs, par là. La dynastie des Lobin a régné sur le vitrail des environs comme Dagrand sur la Gascogne. La toponymie aussi était notable, avec tous les noms en -ière qui se multiplient à mesure que les toits d'ardoise remplacent les tuiles en terre cuite. Sur un panneau j'ai revu le curieux nom de Phlé, qui semble un raccourci de mon identité, avec les deux premières lettres du prénom et les deux dernières du patronyme. Il y avait aussi l'incroyable banlieue nord de Thouars, nommée Sainte-Verge, décidément tout existe...