lundi 14 avril 2008
Sculptectures
Peu de gens y auront accès en France, mais je voudrais signaler à toute fin l’existence d’une belle somme consacrée aux «facteurs Cheval» d’Espagne, intitulée Escultecturas margivagantes : la arquitectura fantástica en España, publiée sous la direction de Juan Antonio Ramírez aux éditions Siruela (Madrid, 2006). C’est un robuste volume de plus de 450 pages, de format presque carré, sous couverture rigide. Le premier mot du titre est un néologisme dont l’équivalent français serait «sculptectures», soit des œuvres hybrides de la sculpture et de l’architecture, réalisées par des naïfs sans formation artistique mais hantés par le démon de la maçonnerie ou de l’aménagement de l’espace. L’ouvrage s’ouvre sur une étude générale du phénomène, puis expose une soixantaine de cas, en autant de chapitres, rédigés par une quinzaine d’auteurs, et distribués en une dizaine de parties thématiques (les jardins pittoresques, les maisons personnelles, les bâtiments d’inspiration religieuse, etc). Les photographies sont nombreuses mais petites, plus ou moins bien disposées, et non légendées, ce qui en limite l’attrait. Les réalisations présentées sont réparties dans toutes les provinces du pays, et jusque dans ses îles. Quelques unes sont à mon sens de purs désastres, comme le véritable furoncle architectural de la maison de Can Miró à Majorque, ou certains dépotoirs à prétention artistique. Mais on est indiscutablement conquis par le charme de plusieurs constructions, au premier rang desquelles la «cathédrale inachevée» de Mejorada del Campo (à qui on fait d’ailleurs l’honneur de la couverture), le «château immense» de Terrassa (un bâtiment hétéroclite occupant tout l’espace entre quatre rues) ou encore les rochers sculptés de Buendía.
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