Le nouvel obscurantiste

Journal documentaire de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste (Philologie de proximité, misanthropologie, désenvoûtement, broutilles).

lundi 31 mars 2008

Le cinéma de A à E

Films vus en mars.

* de Agustín Díaz Yanes, Alatriste (2006). Film espagnol de cape et d’épée d’aujourd’hui, c’est-à-dire avec un peu de fesse entre les parties d’escrime. Longuet, 147 minutes, donc je n’ai pas tout regardé, je faisais d’autres choses en même temps. Cela semblait du genre édifiant, qui explique bien qui sont les bons et les méchants. Chez les chrétiens, par exemple, il y en avait pas un pour sauver l’autre. Les ignobles sbires de l’Inquisition faisaient leurs descentes habillés de cuir noir façon Gestapo, c’est tout juste s’ils n’aboyaient pas en allemand. C’était croquignolet. D.

* de Gilles Grangier, Gas-Oil (1955). Où l’honnête camionneur Jean Gabin courtise la belle Jeanne Moreau et se trouve en butte à de petits malfrats dont un Roger Hanin juvénile et pâlot. Comme on peut le voir aux plaques d’immatriculation en 63, l’histoire se déroule dans le Puy-de-Dôme. L’intrigue n’est pas terrible, ni les dialogues pourtant signés Audiard. Toute la joie tient à la remontée dans ce monde encore proche et déjà si lointain, imaginez, le Puy-de-Dôme dans la première moitié des années 50, la toile cirée sur la table, les petites routes de campagne, les panneaux indicateurs de l’époque, des voitures dont je connais le nom... Il y a en plein milieu une remarquable scène à peu près inutile pour l’histoire, mais délicieuse, de repas popu entre amis, avec descente à la cave pour faire le plein de Beaujolais. C+.

* d’Iciar Bollain, Te doy mis ojos (Prends mes yeux, 2003). Film espagnol féministe éducatif, ça doit être pour expliquer aux hommes que c’est vilain de taper sur les dames, et aux dames que si leur bourrin continue à leur taper dessus, il faut qu’elles se cassent (parce qu’il y en a qui n’ont pas assez d’imagination pour y penser). Ça s’en va et ça revient, ça crie, ça s’agite, c’est assez divertissant. Le couple est très contrasté, l’homme est vraiment l’extrême brutasse limite psychotique, la femme au contraire un ange de délicatesse innocente qui s’intéresse à la peinture culturelle et tout, si bien que cet aspect caricatural fait un peu sourire. Mais les acteurs principaux jouent très bien. C-.

* de Mariano Barroso, Extasis (1996) avec Javier Bardem, beau gosse mais qui n’a pas le regard très inspiré. Des oediperies espagnoles surexcitées, une espèce de concours d’immoralité, avec beaucoup de mouvement et de criaillerie. D.

* de Jean Becker, Dialogue avec mon jardinier (2006). Est-ce parce que j’avais lu le texte de Cueco, par hasard peu avant la sortie du film, que je n’arrive pas bien à aimer ce dernier? Je ne me souviens pas que le livre faisait du peintre et du jardinier deux amis d’enfance, avec des souvenirs d’espiègleries grotesques. Les scènes de ménage du peintre sont elles aussi rajoutées inutilement, parce qu’on a trouvé judicieux de mettre un peu de fesse dans cette histoire, qui n’en avait pas besoin. Et puis j’avoue que les deux acteurs, Auteuil et Darroussin, ne m’accrochent pas. C.

* de Miguel Courtois, El Lobo (2006). Une histoire de Basques, avec des problèmes d’argent, de cul et de pouvoir, une intrigue à suspens pas trop manichéenne, avec Patrick Bruel en indépendantiste. Pas si mal. C.

Posté par Ph B à 08:53 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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