Le nouvel obscurantiste

Journal documentaire de Philippe Billé. Des notes de lecture, et des notes du reste (Philologie de proximité, misanthropologie, désenvoûtement, broutilles).

jeudi 31 janvier 2008

Le cinéma de A à E

Films vus en janvier

Président (2006) de Lionel Delplanque, avec Albert Dupontel. Un film qui «montre bien» que des gens très haut placés peuvent être très pourris, que la valeur n’attend pas le nombre des années, et d’autres révélations de ce tonneau, avec deux trois scènes de fesse pour égayer l’affaire. Ensemble assez plat, et chute incompréhensible, du moins avec les faibles secours de mon entendement. D.

Enfermés dehors (2005), de et avec Albert Dupontel. Film frénétique et socialiste, avec voleuse de pommes évidemment innocente et marchand de pommes évidemment coupable. Dupontel est un bon acteur, ce qui ne suffit pas à faire un bon réalisateur. Ensemble fatigant. D.

Fantasia chez les ploucs (1970) de Gérard Pirès. Il y a un bon titre, il y a Mireille Darc topless, il y a Jean Yanne, Lino Ventura et Jacques Dufilho, et pourtant c’est très, mais vraiment très mauvais. E.

Le château de la terreur (The terror, 1963) de Roger Corman. Un film de fantômes, très abracadabrant, pas très effrayant, assez ridicule. Avec quelques atouts, quand même. De belles vues des plages baltiques. Un fringant Jack Nicholson, tout jeune, en uniforme napoléonien rouge et bleu. Boris Karloff très digne, en vieux baron hanté, il a un peu la tête à Jean Paulhan, avec une élégante robe de chambre, qui remplacerait avantageusement la mienne. D.

Posté par Ph B à 08:29 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 30 janvier 2008

Code, code, codette

J’aimerais aujourd’hui évoquer pour mes quatorze millions de lecteurs une question de la vie pratique, au sujet des œufs. On m’a transmis il y a quelques mois un communiqué d’une certaine société vouée à la Protection mondiale des animaux de ferme. Ce document informait que la loi française oblige maintenant les producteurs à imprimer sur la coquille même des œufs de poule, un code d’identification, fait d’une petite série de chiffres et de lettres. Ce code commence toujours par un des chiffres 0, 1, 2 ou 3, indiquant le type d’élevage, et dont voici le sens :
- 0 : oeufs de poules élevées en plein air, avec au moins 2,5 m2 de terrain extérieur par poule, et alimentation «biologique».
- 1 : idem, sans alimentation «biologique».
- 2 : élevage intensif en intérieur avec au maximum (c’est-à-dire le plus souvent) 9 poules par m2.
- 3 : élevage en cage avec 18 poules par m2.
D’où il ressort, grosso modo, que les œufs dont le code commence par 0 ou 1 proviennent de poules élevées dans des conditions a priori correctes, alors que les codes en 2 ou 3 signalent un camp de concentration de volaille parfaitement odieux. Naturellement, les œufs produits dans les conditions les plus déplorables sont en général les moins chers. Mais quel que soit le prix, il me semble utile de connaître cette indication donnée par le code, qui peut et doit entrer dans le choix du consommateur.
J’achète rarement des œufs, maintenant que les médecins me déconseillent d’en manger, mais j’ai vérifié plusieurs fois, dans les supermarchés où j’ai mes habitudes, la présence discrète du code qu’il faut savoir interpréter.
Je repense à ce problème depuis que, ce week-end, me trouvant à la campagne, j’ai pu faire les constatations suivantes sur un marché :
- les œufs vendus sur la place du village sont soumis aux mêmes obligations que ceux des villes, et portent sur la coquille le petit tampon du code ;
- la marchande, y compris si c’est une professionnelle spécialisée dans cet élevage, et qui ne vend que de la chair et des œufs de poule, peut ne pas savoir que le chiffre 1, par quoi commence le code qu’elle a maintenant obligation de tamponner sur ses œufs, indique qu’elle élève ses oiseaux en plein air.
- le charcutier du coin, qui vend les excellents produits de son propre artisanat, vend aussi les marchandises d’autres producteurs, dont des œufs sur lesquels le code commençant par 3 trahit une origine peu artisanale.
Je terminerai en indiquant ici le lien du communiqué instructif, et une version imprimable (Oeufs4) en un tract de format A4.

Posté par Ph B à 08:54 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 29 janvier 2008

Fou-rire

Courir
Nourrir
Mourir
Pourrir

Posté par Ph B à 08:49 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 27 janvier 2008

Gauche et droite

La droite et la gauche politiques ne sont pas exactement symétriques, comme la droite et la gauche spatiales. L’homme de gauche, par principe, veut sauver le monde et sait comment s’y prendre, il a la solution. La droite aussi a ses convaincus, mais n’est-ce pas chez elle que se rangent les sceptiques, les incrédules, les dubitatifs ?
De même capitalisme et socialisme. Nul n’a eu besoin de se réunir dans un café en se disant tiens, on va inventer le capitalisme, pour voir un peu. On peut l’encadrer, le légiférer, le domestiquer, cependant au départ c’est en quelque sorte le système par défaut, celui qui existe sans qu’on ait besoin de s’en occuper. Il y a au contraire un volontarisme socialiste.
Mais ces oppositions bientôt seront caduques. N’allons-nous pas, sur ce plan aussi, vers la fusion, le métissage, l’indistinction générales ?

Posté par Ph B à 09:59 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 24 janvier 2008

Jeudi dernier

Jeudi dernier, sortant d’un supermarché sous une pluie battante, je m’engouffrai dans la voiture, mis le contact et compris aussitôt, à cette avalanche d’éloges à l’imparfait, que la radio me parlait d’un mort qu’elle aimait. Je n’avais pas d’antipathie particulière pour Carlos, de sympathie non plus, il faisait partie des Grosses Têtes mais pas des plus fines, il aurait aussi bien été parmi les Gros Veaux. Il avait l’air gentil mais pour une blague vaguement spirituelle qu’il arrivait à sortir de temps en temps, combien de catastrophes à la Toto qui se touche le Zizi. Je le supportais malgré tout, dans le climat spécial de cette équipe, l’euphorie générale des Grosses Têtes m’incline à l’indulgence, parmi elles j’arrive même à tolérer un imbécile comme Jean-Pierre Coffe. Cette émission m’amuse, rien à voir avec sa concurrente d’Europe-Hein, ce pauvre Ruquier avec son malheureux bataillon d’humanistes rancis, le consternant Bénichou en tête, quels tristes ricanements.

Posté par Ph B à 09:02 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 23 janvier 2008

Valprémy

Il y a quelques samedis soir de ça, un copain longtemps perdu de vue, me recevant chez lui, me disait que Lormont serait le «mont des lauriers». Derrière la maison, un jardin tout en longueur montait sur la colline. Dans la maison beaucoup de peintures, et dans le cabinet d’aisance une bibliothèque, d’où saillait une pile de plaquettes, les œuvres à peu près complètes de Michel Valprémy, le poète disparu au début de septembre. Mon hôte m’a confié qu’il était de ses proches, de ceux qui eurent à déplacer le corps. Je ne crois pas avoir jamais croisé Valprémy, je ne le connaissais quasiment que de nom, j’avais vu sa photo. Il s’était abonné un temps à mes Lettres documentaires, qu’en a-t-il pensé, je n’en ai rien su. Les quelques poésies de lui qui m’étaient passées entre les mains me déroutaient, comme la plupart des poésies contemporaines. J’ai emporté de Lormont deux livres minces. Celui que j’ai d’abord ouvert est un recueil de petits poèmes en prose sibyllins, L’œil du guetteur, je n’y pige que dalle. J’ai l’impression que pour les apprécier, il faut être capable, comme je ne le suis pas, de ressentir la sonorité de ce que la langue prononce, sans chercher à comprendre ce qu’elle énonce, si je peux dire. L’autre livre, L’appartement moutarde, envoûte, c’est un récit tortueux et mélancolique, inspiré de souvenirs, joliment tissé, avec ce qu’il faut d’odeurs et de couleurs, de lumière et d’ombre.

Posté par Ph B à 09:06 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 22 janvier 2008

Royales emplettes

Considérant le ticket qui m’a été remis en passant à la caisse de chez Leclerc, je constate qu’hier soir, le 21 janvier, j’ai fait l’acquisition d’un pain nommé Couronne, et d’un recueil de plans des villes du département intitulé Bon plan girondin. J'aurais voulu le faire exprès...

Posté par Ph B à 13:42 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 21 janvier 2008

Bibliographie franco-brésilienne des recueils

Un de mes plus vieux fers au feu, un projet que je traîne depuis longtemps, et que j’hésite à bazarder depuis presque aussi longtemps, est celui de ce que j’appellerais une bibliographie franco-brésilienne des recueils (après une telle entrée en matière, je me demande quelle part de mon lectorat s’est déjà endormie ou a pris la fuite, mais poursuivons). Ce serait de la bibliographie de dépouillement de recueils, comme on la pratique plus volontiers dans les pays civilisés anglo-saxons, et appliquée à un domaine binational, en l’occurrence aux textes d’auteurs brésiliens traduits en français. Les bibliographies classiques permettent facilement de repérer quels sont les livres entiers d’un auteur qui ont été traduits dans une langue donnée. Il est beaucoup plus malaisé de savoir quel est le détail des textes de l’auteur traduits dans un volume d’œuvres choisies, plus encore de savoir si des textes de lui, et lesquels, se trouvent à l’intérieur d’anthologies collectives, de numéros de revue, etc. Il manque souvent un inventaire de ces traductions cachées. Un tel instrument est d’abord utile à un traducteur, et l’idée m’en est venue parce qu’il m’est arrivé plus d’une fois de traduire tel poème ou tel conte avant de découvrir des années plus tard que le travail avait déjà été fait des années plus tôt. J’ai conçu ce projet de bibliographie, je pense, dans le début des années 90, à une époque où je traduisais beaucoup, et où je développais parallèlement une tendance nette à la bibliographomanie. Vers 1995, au moment de choisir, c’était un des trois sujets de thèse entre lesquels j’hésitais à m’engager, et ce fut un des deux que finalement j’écartai (l’autre étant Ternaux). J’ai continué cependant, quand je le pouvais, quand les occasions se présentaient, à accumuler des fiches sur la question, sans jamais faire aboutir l’ouvrage.

Régulièrement, je me dis qu’il faudrait que je prenne une décision, soit de reprendre ce projet pour le mener à terme, soit de le laisser tomber pour de bon. Les arguments en faveur du premier choix sont que le résultat de l’opération serait un joli petit jouet intellectuel, qu’il ne nuirait pas à ma réputation, et que j’ai déjà claqué quelques dizaines d’heures de ma vie à le constituer. Les arguments en sa défaveur sont que ce beau catalogue n’intéresserait que fort peu de monde, serait certainement impubliable, et même difficile à placer en revue. Je ne voudrais plus du scénario connu : je me dévoue, j’en fais une coquette livrette que je photocopie à mes frais en cent exemplaires, dont je vends péniblement dix, j’offre honteusement dix autres, et le reste pourrit dans mon chai. Un autre motif de découragement est la faible qualité d’une part du matériau, un certain nombre d’auteurs ne présentant pas grand intérêt à mes yeux, voire aucun. Alors...

Dernièrement, songeant de nouveau à statuer sur la question, j’emprunte dans une collection publique trois anthologies récentes de littérature brésilienne francisée, dont une de nouvelles et deux de poésie, que je n’avais pas encore eu l’occasion d’éplucher. Une nouvelle confrontation avec ce matériau allait m’aider, pensais-je, à opter, probablement pour la renonciation définitive. Mais voilà qu’un des volumes m’apporte une découverte de taille, et relance l’intérêt du projet, au moins comme outil personnel.

Ouvrant la copieuse Anthologie de la poésie brésilienne parue en 1998 aux éditions Chandeigne, j’y trouve traduit in extenso le long poème de João Cabral de Melo Neto, dont j’ai mis en ligne ma propre version pour inaugurer mon blog Archives documentaires, en septembre 2006. Ma traduction remonte au milieu des années 90, j’ai dû démarcher pour elle, en vain, quelques éditeurs, avant et après cette publication dont je n’avais pas connaissance. Voilà qui rendrait précieuse la réalisation d’une Bibliographie franco-brésilienne des recueils.

J’ai profité de l’occasion pour comparer les deux traducs. Pas de grande surprise, le travail concurrent me semble bien inspiré sur certains points, je préfère le mien en certains autres, rien de bien notable. Une anomalie est que seuls apparaissent les titres des quatre parties du poème («Paysage du Capibaribe», etc) mais pas le titre général (O cão sem plumas / Le chien sans plumes), ni dans le corps de l’ouvrage, ni dans la table. La table, que j’ai dû parcourir de près pour mon relevé bibliographique, recèle d’ailleurs plusieurs bizarreries, trois poèmes du recueil n’y figurent pas, elle en mentionne au contraire quatre qui ne sont pas dans le livre.

Posté par Ph B à 09:06 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 16 janvier 2008

Occupations

Ce lapsus remarquable, aujourd’hui, dans mon courrier professionnel, où quelqu’un parle de «l’empli du temps».

Posté par Ph B à 12:27 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 15 janvier 2008

Accents

La radio ces jours-ci a donné plus d’une occasion de sourire, quand les journalistes ont eu à prononcer le nom de l’otage colombienne Clara Rojas, entre ceux qui en faisaient trop, ceux qui n'en faisaient pas assez, et ceux qui faisaient à côté de la plaque. Personnellement, il se trouve que je sais bien prononcer l’espagnol, mais à l’occasion je ne déteste pas de le parler délibérément avec l’accent français. Non seulement je trouve ça plus facile mais ça m’apporte une certaine satisfaction esthétique. Ca me rappelle des trucs du bon vieux temps, le discours de de Gaulle à Mexico, la voix des personnages de Zorro sur la télé en noir et blanc, chez la voisine, Buenas tardes, don Diego, muchas gracias... Et puis la correction de la syntaxe, la précision du vocabulaire, importent plus que le soin de la prononciation. Mais à la longue je m’en lasse un peu, ces derniers temps je m’entraîne à parler espagnol avec l’accent anglais, pour me changer les idées.

Posté par Ph B à 09:10 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »