jeudi 17 janvier 2008
Lettre documentaire IV (du 4 septembre 1992, réédition)
Deux poèmes de Cecília Meireles, traduits du portugais par Philippe Billé
NOUS ET LES OMBRES
Et autour de la table, nous, vivants, nous mangions, et nous parlions, en cette nuit étrangère, et nos ombres sur les murs bougeaient, pelotonnées comme nous, et gesticulaient, sans voix.
Nous étions doubles, nous étions triples, nous étions tremblants, à la lumière des lampes à acétylène, sur les murs séculaires, denses, froids, et vaguement monumentaux. Plus encore que les ombres nous étions irréels.
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