lundi 14 janvier 2008
Fascisme, poésie et histoire
Voilà une dizaine d’années, feuilletant distraitement une anthologie de literatura fascista española, pesant quand même plus de 1200 pages, je n’aurais pas cru le fascisme aussi inspiré, j’y remarquai le poème «Paracaidistas del Reich», d’un certain Alfredo Marquerie, homme de lettres dont je ne sais rien, sinon qu’il s’occupa je crois de théâtre. Ce titre inconcevable, hors de saison, naïf, «Parachutistes du Reich», m’amusait. Les images que le texte développe ont quelque grâce, ni extraordinaire, ni négligeable. J’ai songé le traduire, la gêne m’y a fait renoncer. Allait-on pas penser que j’étais décidément un affreux vilain-fasciste-salaud ? Cela m’aurait contrarié, car sincèrement je ne me suis jamais senti très fasciste. Même s’il est vrai que souvent, quand je vois la gueule des antifascistes, je ne me sens pas très antifasciste non plus. Quoi qu’il en soit, la feuille de photocopie était restée dans mes papiers, je l’y retrouve et tout compte fait, je publie maintenant cette petite traduction. Non que je sois convaincu qu’elle en vaille la peine, mais il me bouffe l’air de sentir que si je ne le faisais pas, ce serait surtout parce que je me sentirais contraint. On a les rébellions qu’on peut. Comprendra qui pourra, qui voudra, et qu’importe... «Sachons être suspect, c’est le signe, aujourd’hui, d’un esprit libre et indépendant, surtout en milieu intellectuel.» Je me console un peu, je ne crois qu’à moitié à ces belles paroles d’un penseur disparu, lues l’autre jour dans le dernier numéro, le numéro de janvier-février de La Nouvelle Revue d’Histoire. Cette revue a généralement une imagerie bien choisie et je signale aux curieux, dans le dossier portant sur «Trotski et le trotskisme», une saisissante photo de Lénine sur la fin, en vieillard halluciné, dans un fauteuil roulant, le regard fixe (si vous voulez y jeter un coup d’œil discréto en librairie, c’est page 41). Il y a aussi page 6 une petite reproduction de la couverture de l’album Plein ciel sur Vauban, qui paraît-il répertorie les 88 places fortes créées ou aménagées par l’architecte militaire. En considérant cette belle vue du ciel, je suis frappé à l’idée que les moyens actuels de déplacement aérien nous permettent d’admirer de telles constructions comme leurs concepteurs et leurs constructeurs n’ont jamais pu les voir.
Commentaires
Philippe Billé...je vous ai compris !
Blague à part, juste un petit passage pour dire que j'apprécie assez votre blog, fort intéressant...
Merci de votre compréhension, Rafaël.
Et de votre passage.
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