Lu récemment le mince ouvrage de Valery Larbaud, Pages de journal : Londres, 1919, publié par les éditions des Cendres en 1994. Un petit livre intéressant sans être passionnant, charmant sans être irrésistible, clairement préfacé, savamment annoté, bien édité, avec en particulier quelques fragments manuscrits en fac-similé soigneusement insérés dans le texte. Larbaud, paraît-il, tenait un journal en anglais pour éviter les indiscrétions, et pour les mêmes raisons s’était mis à le tenir en français pendant ces quelques journées passées à Londres, à enquêter sur un écrivain qu’il avait traduit, et à courtiser une indigène.
Les connaisseurs de Valery Larbaud sont à peu près les seuls à savoir que son prénom doit s’écrire sans accent. Il fait allusion à ce problème dans ces pages, quand il rapporte avoir vu son nom mentionné dans le Times Literary Supplement, «naturellement avec l’accent sur le e de mon prénom». J’avais été mis dans la confidence, jadis, par le Maître de Mimizan, qui m’avait d’ailleurs offert un exemplaire de Sous l’invocation de saint Jérôme. Mais je crois n’avoir jamais su à quoi tenait cette bizarrerie graphique, ni si, de ce fait, on devait prononcer Valry.